22 février 1945 : la mort de Jan van Hout, du cyclisme à la résistance

Cycliste renommé dans les années 1930, Jan van Hout décide au nom de la résistance, de mettre sa vie en péril pour combattre l'occupant allemand. Tandis que son ancien rival des pistes, choisit de collaborer avec le régime nazi. Deux grands sportifs aux destins opposés.

Se mettre en danger aux noms de ses valeurs

Sportif accompli, Jan van Hout éclabousse le cyclisme mondial un 25 août 1933. Le Néerlandais bat le record du monde de l’heure sur la piste Roermond, avec une moyenne de 44 kilomètres par heure. Sa vie et son pays basculent lors de la Seconde Guerre mondiale.

Cycliste Pays-Bas
Le cycliste néerlandais Jan van Hout en 1930.

L’Allemagne envahit les Pays-Bas en 1940. Propriétaire d’un café à Eindhoven, cet antifasciste convaincu décide de le fermer, pour s’opposer aux nouveaux occupants. Impliqué dans la résistance néerlandaise, il aide sa femme à cacher des juifs. Arrêté par la Gestapo en février 1945, il est au camp de concentration de Neuengamme. Il y meurt peu de temps après à l’âge de 36 ans, à quelques mois de la libération.

Son ancien rival intègre la Waffen SS. Il épouse sa femme à la libération

Dans les années 1950, son nom ressurgit aux Pays-Bas. Sa veuve Anneke van Hout-Louwers épouse l’ancien cycliste Cor Wals. Ce dernier se présentait comme le grand concurrent de Jan van Hout durant l’avant-guerre.

Cor Wals effectue le salut hitlérien lors d’une course à Amsterdam en 1941

Pendant le conflit mondial, il affiche ouvertement ses liens avec l’idéologie nazie, en arborant l’emblème de la Waffen SS sur les pistes de cyclisme.

Le pistard Cor Wals célèbre sa victoire, en effectuant le salut hitlérien avec le maillot de la Waffen SS.

Sa collaboration assumée attire les foudres de la part des directeurs de courses du pays. Impopulaire sur la scène sportive, il met sa carrière entre parenthèses pour continuer à être au service du régime nazi. Anticommuniste fanatique, Cor Wals est envoyé sur le front de l’Est. Par la suite, il exerce le poste de garde de camp de concentration. Des rumeurs infondées prétendent qu’il aurait dénoncé Jan van Hout. D’autres affirment qu’il aurait livré le pistard allemand Albert Richter aux nazis. Celle-ci semble très probable, puisqu’il était présent au moment du drame. Condamné à 15 ans de prison, l’ancien sportif est libéré en 1952. Son passé de collaborationniste a ensuite entaché le reste de sa vie. Son mariage avec la veuve de Jan van Hout scandalise l’opinion publique. L’union prend fin et Cor Wals est contraint de quitter les Pays-Bas en 1957. Le chasseur a été chassé.

En bref

Hector Cuper, un entraîneur malchanceux

Hector Cuper, un entraîneur de football brillant mais malchanceux...

Schalke 04, une année 2020 à oublier

Dans le sport tout peut aller très vite et la descente aux enfers est brutale. Pour le club allemand de Schalke 04, cette crise semble...

Mots croisés : les Jeux olympiques d’été

Les Jeux olympiques de Tokyo arrivent à grand pas. Pour l'occasion, Double Pas vous propose de se remémorer les éditions précédentes...