11 septembre 1973 : quand le Chili tire contre son camp

Une parenthèse démocratique subitement refermée

L’espoir pour unifier tout un pays, sa mort va diviser le Chili. Élu lors de l’élection présidentielle de 1970, le président Salvador Allende a entrepris pendant près de trois ans, de nombreuses réformes gouvernementales dans le cadre de la mise en place d’un état socialiste. Les défis semblent pourtant insurmontables. Il doit endiguer la crise économique qui ronge le pays. Sa politique économique parait inadaptée face aux trop grandes difficultés qu’affrontent les concitoyens. Elle aggrave même la forte inflation. Les Chiliens jugent sa politique inopérante, le pays est alors divisé et paralysé. Les défis semblent insurmontables. Au bord du gouffre, Allende est renversé et assassiné le 11 septembre 1973 par le général Augusto Pinochet. Commandant en chef des forces armées, il installe une junte militaire avec le soutien des Américains. Les armes supplantent les suffrages.

L’Estadio Nacional, une prison à ciel ouvert

Quelques heures après la prise de pouvoir du général Augusto Pinochet, les forces armées procèdent à des arrestations dans tout le pays. Au lendemain du coup d’État, l’Estadio Nacional devient un centre de détention. Plus de 20 000 prisonniers sont passés dans les entrailles de l’enceinte sportive. Certains y sont torturés et tués. On ne sait pas avec certitude le nombre de victimes.

L’URSS s’oppose à la FIFA

Malgré la situation politique déplorable, la FIFA ferme les yeux lors de l’inspection des installations, en vue d’un match programmé à l’occasion des qualifications à la Coupe du monde 1974. Opposant le Chili et l’URSS, la rencontre est pourtant maintenue le 21 novembre 1973. Hostiles à cette décision, les Soviétiques refusent de se rendre à l’Estadio Nacional. Désormais sans adversaire sur le rectangle vert, les joueurs chiliens donnent le coup d’envoi et marquent un but symbolique, synonyme de qualification pour le Mondial. Après cet évènement « sportif », l’enceinte ne servit plus de prison.

Le football comme vecteur mémoriel

Construit en 1938, cette enceinte sportive d’une capacité de 75 000 places est située en plein cœur de la capitale Santiago. Théâtre de matchs du Mondial 1962 organisée en terre chilienne, l’enceinte continue d’être un des principaux lieux sportifs du pays. En mémoire de ce sinistre événement, une partie d’une tribune n’est pas autorisée au spectateur. Elle témoigne de ce qu’il s’est passé ici même, il y a bientôt cinquante ans. Il y est écrit « Un pueblo sin memoria es un pueblo sin futoro », « un peuple sans mémoire est un peuple sans avenir ».

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